prepa hec, dissertations corrigees, cours, methodologie de la dissertation, economie, sociologie,
[./consommation_et_investissement-acces_libre.html]
[./croissance.html]
[./developpement_durable.html]
[./chomage.acces_libre.html]
[./fluctuations_et_crises.html]
[./inflation.html]
[./page_en_travaux.html]
[./commerce_international-acces_libre.html]
[./organisation_des_echanges-acces_libre.html]
[./integration_regionale-acces_libres.html]
[./fmn.acces_libre.html]
[./bp_et_taux_de_change.html]
[./desequilibres_exterieurs.html]
[./smi-acces_libre.html]
[./sme-acces_libre.html]
[./page_en_travaux.html]
[./page_en_travaux.html]
[./classes_sociales.html]
[./inegalites_sociales-acces_libre.html]
[./mobilite_sociale-acces_libre.html]
[./17alhome.html]
[./dissertations.acces_libre.html]
[./methode_dissertation.acces_libre.html]
[./citations.html]
[./liens.html]
[./contact.html]
[./fiches_de_lecture.accueil.html]
[./auteurs.html]
[Web Creator] [LMSOFT]
L'ECONOMIE EN PREPA HEC
Bienvenue sur le Site Internet de
                      Joël Hermet
  


  
  
  
  

Bill Bonner, Addison Wiggin, Le nouvel empire des dettes,  2006.

Bill Bonner est un auteur de livres et d’articles économiques et financiers ; il est le fondateur et le président de La Chronique Agora, il écrit régulièrement dans MoneyWeek, le blog LewRockwell.com et The Daily Reckoning.  Avec Addison Wiggin, ils ont déjà publié ensemble un livre en 2004 L’inéluctable faillite de l’économie américaine.

Dans ce nouveau livre dense de 408 pages, Bill Bonner et son acolyte montrent que l’Empire américain, après avoir connu ses heures de gloire, est en phase de déclin avancé, croulant sous les dettes.  Un tel sujet pourrait à priori paraître rébarbatif, mais la lecture est un véritable plaisir en raison d’un langage simple, d’un ton direct et d’un style élégant. Et d’une culture phénoménale : le livre, conçu comme une véritable saga, est bourré de références historiques, théoriques, politiques, statistiques et même religieuses. En plus Bill Bonner possède un humour décapant hors du commun. Lire le livre de Bill, c’est que du bonheur !

Bill Bonner est un mélange de conservateur et d’anarchiste dans des proportions restant à définir. Conservateur car Bonner apprécie les vielles choses, les vielles idées, les vielles règles et les vieux investisseurs, la sagesse qui vient avec l’âge. Il commence son livre par une citation de Chesterton : « La tradition, c’est la démocratie des morts ». Il mobilise intensément l’histoire, ce qui contraste avec la période actuelle dans laquelle l’histoire ancienne, c’est ce qui s’est passé la semaine dernière. Anarchiste car Bonner n’apprécie guère l’intervention de l’Etat dans les affaires de ce monde. Il appuie ses raisonnements sur des économistes de renom tels Gordon Tullock, Murray Rothbard, Jude Wanniski, Hayek, et les auteurs du Mises Institute.

Le livre est divisé en 4 grandes parties. Pour venir à bout de sa démonstration sur le déclin inéluctable de l’empire américain sous le poids de la dette, il démonte au gré des pages certains lieux communs tels que : on peut obtenir quelque chose pour rien, les prix de l’immobilier ne baissent jamais, on peut s’enrichir en dépensant, épargner est sans intérêt, les déficits n’ont pas d’importance, les étrangers financeront toujours nos dettes.

I. Imperia absurda

Qu’est-ce qu’un empire ? Il a une patrie mais aussi des Etats soumis, des protectorats, des colonies, des satellites, des Etats clients. Comment un pays devient-il un empire ? La question n’a jamais été posée aux citoyens, Aucun débat n’a eu lieu sur ce sujet, aucun référendum national n’a été organisé. En revanche, les empires ont besoin d’ennemis, de guerres. On trouve toujours un ennemi : le communisme, le terrorisme. Les médias diffusent et suscitent la peur pour justifier la guerre. Le bâtisseur d’empire moderne croit avoir pour devoir de rendre le monde meilleur et doit pour cela dicter leur conduite aux autres. Pour cela, il ne s’embarrasse pas du respect des règles constitutionnelles. Truman a ainsi engagé en juin 1950 les USA dans une guerre contre la Corée sans l’autorisation du Congrès alors que la Constitution stipule le contraire. Idem pour les guerres en Irak et en Afghanistan. A mesure que l’empire grandit, la pouvoir exécutif devient hypertrophié.

L’histoire des différents empires ayant existé et de leur fin est riche d’enseignements. Dans l’empire romain, Auguste et Néron allégèrent la quantité de métal dans les pièces, et vers 472 à la chute de l’empire romain le denier romain ne contenait plus que 0,02% d’argent. L’empire espagnol démontre que l’argent facile peut ruiner un pays, cela tue le sens du travail et génère de l’inflation, crée un déficit commercial ; quand les mines du Nouveau Monde furent épuisées, le gouvernement espagnol fut dans l’incapacité de rembourser ses emprunts. L’empire austro-hongrois s’est terminé par l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand et la Première Guerre mondiale. L’empire français a laissé à la France une population d’immigrés africains pesant lourd aujourd’hui sur le budget social.  L’idée de fin de l’histoire de Fukuyama est une sottise car les empires naissent et doivent mourir un jour.

L’exemple de l’Italie est également riche d’enseignements sur les  relations entre système politique, dette et empire : de 1859 à 1925, la centralisation politique de l’Italie coïncida avec l’apparition de déficits publics et l’augmentation de la dette. Malgré les promesses d’assainissement des finances, l’endettement ne cessa de grimper et les dépenses militaires augmentèrent.  Les dépenses militaires et la conquête de nouveaux territoires (l’Abyssinie en 1936) permettent de détourner l’attention du peuple et d’accroitre les dépenses publiques. Comme de nombreux néoconservateurs américains, Mussolini était un ancien gauchiste qui avait su réussir, il accéda au pouvoir en 1921, promettant de réduire la dette, et l’augmentant en fait.

Selon Bonner, « Tout empire nait dans le mensonge, tourne à la farce et s’achève par un désastre ». Certains pensent cependant que la globalisation ne peut prospérer que sous la protection d’une armada impériale, comme celle de la Grande Bretagne au 19ème siècle, celle des USA au 20ème siècle. Deepak Lal, président de la Société du Mont Pèlerin de 2008 à 2010, fait lui l’éloge des empires : ils apporteraient la stabilité en créant un grand espace économique et favoriseraient la division du travail. Mais alors pourquoi la Suisse qui n’a jamais véritablement fait partie d’un empire est-elle aussi riche ?

Grace à la pax dollarium impériale, les USA assurent un service de protection, permettant la prospérité des échanges. Mais cette protection coute cher : depuis 1945, les USA ont lancé onze campagnes militaires et les dépenses militaires américaines sont plus élevées que celles additionnées de tous les autres pays. Mais au lieu de se faire payer pour la protection qu’elle leur assure, l’Amérique emprunte de l’argent à ses partenaires. « Qualifier l’Amérique de superpuissance n’est que flatterie. Dans cet étrange empire, ce sont les Etats soumis qui contrôlent l’Amérique : ils peuvent cesser de payer leur  tribut quand bon leur semble ». Les rôles sont inversés, ce sont les Etats périphériques qui contrôlent l’Amérique. Dans la guerre en Irak, les USA n’ont obtenu aucun butin, en revanche ils envoient des ingénieurs, des médecins, de la nourriture, des administrateurs pour un coût hebdomadaire de 1 milliard de dollars.

Floyd Norris explique ainsi le fonctionnement actuel de l’économie mondiale : la Chine exporte massivement, avec l’argent gagné elle achète des bons du Trésor, ce qui contribue au maintien de faibles taux aux USA, stimule la consommation et permet aux Américains d’acheter plus aux Chinois. La boucle est bouclée. Mais dans cette boucle, la Chine est en position de force car elle augmente sa capacité de production alors que les ménages américains s’appauvrissent et dépendent de plus en plus des capitaux étrangers.

II. Woodrow franchit le Rubicon

Lincoln, Wilson et Roosevelt sont considérés par la plupart des historiens comme de grands présidents alors que leur interventionniste a été particulièrement néfaste. Bonner préfère au contraire les présidents qui ne font rien comme Harding au début des années 1920.

Wilson est le plus néfaste de tous. C’est depuis sa présidence que l’empire américain existe. Il se disait investi d’une mission divine. En 1914, il voulut renverser le gouvernement de Huerta au Mexique, au motif qu’il ne lui plaisait pas et fit bombarder Veracruz sans le vote du Congrès, croyant savoir mieux que les Mexicains eux-mêmes qui devait diriger le pays. Ce qui suscita une hostilité générale à l’égard des USA en Amérique latine.

Mais sa pire décision fut l’entrée des USA dans la Première Guerre mondiale. En 1917, il fit entrer les USA en guerre contre l’Allemagne. Wilson justifia l’entrée en guerre des USA en 1917 par la défense des grands principes. « C’est un privilège pour l’Amérique que de donner son sang et d’utiliser sa force pour défendre les principes qui lui donnèrent la vie et lui offrirent la paix et le bonheur », c'est-à-dire de faire la guerre au nom de la paix. Pourtant les Allemands ne s’appétaient pas à franchir l’Atlantique pour attaquer l’Oncle Sam. Plus tard, Johnson puis Nixon entonneront les mêmes refrains pour justifier la guerre.  Et puis à l’époque il y avait cette idée que la guerre était bonne pour l’esprit et pour l’économie, la guerre était presque exaltante. La guerre plait aussi aux hommes politiques car elle leur permet d’étendre leur pouvoir et d’entonner des discours grandiloquents.


LIRE LE COMPTE RENDU COMPLET EN PDF