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Pascal Salin Revenir au capitalisme, pour éviter les crises – 2010

 

Pascal Salin est professeur émérite à l’Université Paris-Dauphine. Dans ce livre, il s’applique à démontrer que la crise de 2008-2009 n’est pas due aux défaillances du marché et à la cupidité des banquiers – contrairement à ce que croient la majorité des gens - mais au contraire à l’interventionnisme étatique. Dans ce livre au style académique mais au ton néanmoins parfois incisif, il développe diverses idées que l’on peut qualifier d’iconoclastes dans la France de 2010.

Les causes majeures de la crise de 2008-2009 sont toutes liées à des politiques publiques :

  • La politique monétaire des banques centrales et en particulier aux bas taux d’intérêt de la FED directement inspirés des principes keynésiens.
  • Une politique du logement démagogique, au motif de non discrimination, consistant à pousser les banques à accorder des crédits à des ménages à faibles revenus qui avaient de faibles capacités de remboursement.
  • Des réglementations nocives, comme la règle comptable du mark-to-market qui a accru la volatilité, la réglementation supprimant la responsabilité ou bien l’assurance des dépôts qui, appliquée de manière identique à toutes les banques, rend possible une prise de risque excessive
  • Le rôle de préteur en dernier ressort de la banque centrale au motif du « too big too fail » ce qui encourage là encore des prises de risque excessives ; alors que la faillite d’une banque ne signifie pas sa disparition pure et simple mais plutôt son rachat par des entrepreneurs mieux aptes à la gérer

Pour Pascal Salin, l’interprétation keynésienne de la crise est fausse. La crise ne peut s’expliquer par une insuffisance de demande globale puisqu’il y a eu au contraire ces bas taux d’intérêt ont suscité un endettement excessif des ménages alimentant une forte demande. Contrairement à ce que croient les keynésiens, l’Etat ne peut pas augmenter la demande globale, il peut juste déplacer des ressources du secteur privé vers le secteur privé. La théorie keynésienne est du pain béni pour les gouvernements pour justifier les nouvelles dépenses publiques. L’Etat providence est une providence pour les hommes de l’Etat.

L’auteur égratigne aussi le monétarisme. En effet, le credo monétariste consiste à éviter l’inflation mais le problème est que la stabilité de l’indice des prix à la consommation peut cacher une politique monétaire laxiste car la hausse tendancielle de la productivité devrait amener une baisse des prix et non leur stabilité. N’est-ce pas ce qui s’est passé dans les années 2000 ? La concurrence mondiale et notamment chinoise aurait du avoir pour conséquence une baisse des prix si les banques centrales n’avaient pas suivi une politique accommodante. Horresco referens, Pascal Salin fait l’éloge de la déflation, effet de la combinaison de la stabilité de la masse monétaire et de la croissance. 

La théorie autrichienne du cycle est la seule à donner une explication correcte de la crise. Elle prend en compte les structures productives, les prix relatifs et le rôle central du taux d’intérêt. La baisse des taux d’intérêt induit une création monétaire impliquant la modification de prix relatifs, les facteurs de production de déplacent des biens de consommation vers le secteur du logement où se forme une bulle. La politique monétaire envoie de faux signaux et détruit l’information. Si les monétaristes veulent seulement éviter l’inflation, les autrichiens veulent éviter les distorsions monétaires dans l’appareil productif.

Il dénonce le manque de fonds propres des entreprises, à mettre en parallèle avec l’excès de dette. Ce manque est lui-même du à la faiblesse de l’épargne ; or l’épargne est la condition de la croissance, cf. les performances de la Chine où le taux d’épargne dépasse les 40%.

Il défend le capitalisme et les capitalistes. Or les capitalistes ont été remplacés par des managers, avec tous les problèmes de gouvernance que cela entraine car les managers ont une vision de court terme. La dispersion de l’actionnariat est aussi inquiétante, constat déjà établi par H. Demsetz. De manière peut-être plus surprenante, l’auteur critique les fonds de pension dans lesquels les gestionnaires peuvent avoir une logique de court terme car ils ne sont pas propriétaires ; les gens auraient plus intérêt à acheter des actions de banques d’affaires.

"C’est du bon fonctionnement des marchés qu’il faut attendre la sortie de la crise et non d’un renforcement de l’interventionnisme étatique qui ne peut guère faire autre chose que de perpétuer les déséquilibres".

Pour ce qui est des solutions à la crise, on comprendra aisément que Pascal Salin ne fait absolument pas confiance à l’Etat. Par un rappel historique, Il montre que c’est l’interventionnisme étatique qui fut la cause de la crise des années 1930 et que Hoover fut lui-même interventionniste, contrairement au mythe. Inversement, la politique de Roosevelt n’a pas permis de sortir de la crise mais l’a aggravée. L’action de l’Etat en faveur des banques, des propriétaires immobiliers, des secteurs en difficulté est inefficace, injuste et va empêcher les ajustements permettant de sortir de la crise.

Que faut-il bannir ?

Les diverses interventions de l’Etats, dans le circuit financier, auprès des banques, des secteurs en difficulté, dans l’immobilier. La coopération internationale, qui peut s’analyser comme un cartel d’Etat voulant imposer les mêmes politiques et diminuer la concurrence et constitue une amorce d’un gouvernement mondial jugé plus que dangereux par notre auteur. Le protectionnisme doit aussi être évité, ce qui a été fait jusque là même si les tensions entre la Chine et les USA sont vives. A cet égard, selon Pascal Salin, l’excédent chinois du commerce extérieur n’est pas un déséquilibre et le yuan n’est pas sous-évalué.

Que faut-il faire ?

Se désendetter, c’est à dire le contraire de ce que font les gouvernements. Supprimer les banques centrales qui sont des monopoles publics, et comme tout monopole public, néfastes. Se débarrasser du FMI. Et bien entendu revenir au capitalisme, système d’organisation spontanée des individus reposant sur le respect de la propriété privée légitime et la liberté des contrats.

Pascal Salin, ancien président de la société du Mont Pèlerin, développe des analyses décapantes et stimule notre curiosité intellectuelle.

© Joël Hermet – mai 2011