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L'ECONOMIE EN PREPA HEC
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                      Joël Hermet
  


  
  
  
  
                         Hernando de SOTO, Le mystère du capital
Pourquoi le capitalisme triomphe en Occident et échoue partout ailleurs ? Flammarion, 2005

Chapitre 1 : Les 5 mystères du capital

Les habitants du tiers monde fourmillent d’entrepreneurs, ils ont du talent, de l’enthousiasme et une aptitude étonnant à tirer un profit de presque rien. Ils sont capables de saisir et d’utiliser la technologie moderne, sans quoi les entreprises US n’auraient pas autant de mal à protéger leurs brevets à l'étranger, ni le gouvernement US à empêcher ces pays de se doter d’armes modernes.
L’obstacle majeur qui empêche une partie du monde (tiers monde + anciens pays communistes) d’accéder au capitalisme est qu’elle ne parvient pas à produire du capital. La capital est cette force qui augmente la productivité de la main d’œuvre et crée la richesse. Dans le tiers monde les gens ont des ressources (maisons, entreprises non déclarées) mais, faute de documents désignant nettement leurs propriétaires, ces possessions ne peuvent être transformées en capital (elles ne peuvent servir de garantie à des emprunts, elles ne peuvent servir d’apport en nature lors d’un investissement). Ces ressources sont du capital mort.
Le processus consistant à transformer les biens en capital, qui existe en Occident, n’a pas été créé en suivant un plan préétabli et n’est décrit nulle part. Ses origines sont obscures et sa signification enfouie dans le subconscient économique des pays occidentaux.

Chapitre 2 : Le mystère des informations manquantes

Les obstacles à la légalité :
De Soto et son équipe ont ouvert une petite boutique de vêtements à Lima, fonctionnant avec un seul salarié, dans un cadre légal. Il a fallu remplir des formulaires, faire la queue, obtenir des certificats, etc.  Coût des formalités légales pour enregistrer l’entreprise : 289 jours + 1 231 dollars (31 fois le salaire mensuel minimum). Un taxi voulant se faire reconnaître officiellement a besoin de 26 mois de démarches administratives.
Mêmes phénomènes aux Philippines (entre 13 et 25 ans auprès de 53 agences publiques et privées, pour acheter légalement une maison construite sur un terrain public ou privé), en Egypte (entre 6 et 11 ans de démarches pour pouvoir bâtir légalement une maison sur d’anciens terrains agricoles), en Haïti (2 ans et 65 formalités pour louer un terrain pendant 5 ans, 14 ans et 111 démarches pour acheter le terrain).
Conclusion : il est difficile de rentrer dans la légalité. Ce ne sont pas tant les gens qui ne respectent pas la loi que la loi qui ne les respecte pas. Ils préfèrent sortir du système et deviennent des extra-légaux. Ils utilisent leurs propres arrangements qui associent des règles juridiques sélectionnées dans le système officiel, des improvisations ad hoc et des coutumes venues de leur région d’origine ou instaurées sur place.
Il est aussi difficile de rester dans la légalité : au Caire, les titulaires de baux légaux dont les loyers, bloqués depuis le début des années 1950, ne représentent même plus 1 dollar par an aujourd’hui, subdivisent leurs logements en appartements plus petits qu’ils louent au prix du marché.

Le secteur sous-capitalisé :
Il existe une vie économique réelle dans ce secteur sous-capitalisé : industrie du vêtement et de la chaussure, imitation (Cartier, Vuitton), taxis non autorisés, autobus, approvisionnement alimentaire, etc.
L’extra-légalité est parfois considérée comme un problème marginal, similaire au marché noir dans les pays développés. En fait, c’est la légalité qui est marginale : l’extra-légalité est devenue la norme.
% de personnes de détenant pas de titre de propriété sur leur logement :
 
Citadins
Ruraux
Philippines
57%
64%
Pérou
53%
81%
Egypte
92%
83%
Haïti
68%
97%

Quelle quantité de capital mort ?
Etude de 5 villes : Le Caire, Lima, Manille, Mexico, Port-au-Prince.
Attention sur le bien le plus matériel et le plus visible et ne pouvant être dissimulé : l’immobilier.
Sa valeur peut être observée par l’étude des matériaux de construction et du prix de vente des immeubles comparables. Comptabilisation des immeubles rue par rue pendant plusieurs milliers de jours.

Combien vaut la capital mort ?
Ces biens représentent dans chacun des 4 pays beaucoup plus que la capitalisation boursière, le montant des IDE ou encore l’aide accordée par la Banque mondiale et les pays développés.
Exemple : Pérou : 74 milliards de $ soir 11 fois la capitalisation boursière, 11 fois la valeur des entreprises publiques, 14 fois la valeur des IDE effectués pendant toute son histoire connue.
Valeur totale de l’immobilier extralégal détenue par les pauvres dans les pays du tiers monde et les ex pays communistes : 9 300 milliards de $.
Cette somme équivaut à :
  • la capitalisation des 20 plus grandes bourses du monde,
  • 20 fois le montant des IDE dans le tiers monde et les PECO entre 1989 et 1999,
  • 40 fois le montant des prêts consentis par la Banque mondiale depuis, 30 ans,
  • 93 fois l’aide  publique au développement. 
Les pauvres qui peuplent le tiers monde ne sont pas le problème, ils sont la solution (il y a parmi eux des milliers d’entrepreneurs).

Chapitre 3 : Le mystère du capital

Les biens ont principalement une destination matérielle. Mais ils peuvent aussi servir en tant que garantie pour emprunter de l’argent qui servira à financer une entreprise.

Des indices venus du passé (de Smith à Marx)
Le mot capital vient du latin, il signifie tête de bétail.
Il a une double signification : dimension matérielle et capacité à générer un surplus de valeur.
Définition économique : partie des biens d’un pays qui est à l’origine d’un surplus de production et d’une augmentation de la productivité.
Smith définissait le capital comme le stock de biens accumulés en vue d’une utilisation productive et le voyait un préalable à la spécialisation. En fait le capital n’est pas le stock de biens accumulés mais le potentiel de production nouvelle qu’il contient. Potentiel abstrait.
Say : « Le capital est toujours immatériel par nature, car ce n’est pas la matière qui fait le capital mais la valeur de cette matière, valeur qui n’a rien de corporel ».
On confond aujourd’hui le capital avec l’argent, qui n’est qu’une des nombreuses formes sous lesquelles il voyage. Or l’argent ne peut fixer le potentiel abstrait d’un bien donné pour le convertir en capital.

L’énergie potentielle contenue dans les biens
Analogie avec l’énergie : l’eau d’un lac peut être utilisée pour produire de l’électricité (usine hydroélectrique utilise la chute de l’eau pour produire de l’énergie cinétique qui elle-même fait tourner des turbines, créant une énergie électrique). Les biens sont aussi une valeur dormante.
Différence : le processus de conversion de l’énergie potentielle de l’eau en électricité est bien connu, celui de conversion des biens en capital l’est beaucoup moins.
Pourquoi cette méconnaissance ?
- ce processus n’a pas été instauré en vue de créer du capital, son objectif était essentiellement de protéger le droit de propriété. Il n’est pas été étiqueté comme servant à générer du capital mais comme une partie du système de protection de la propriété. Ce qui crée du capital en Occident est un processus implicite enfoui sous la complexité des régimes de propriété formels.
- ce processus est difficile à visualiser, il se dissimule sous des milliers de lois, statuts, réglementations, institutions.  
- la propriété est un concept, on ne la ressent pas directement, elle n’est connaissable que par ses effets.

Le processus de conversion caché en Occident
En Occident, la transformation des biens en capital est régie par un régime de propriété formel :
  • description des aspects (des biens) les plus utiles économiquement et socialement
  • enregistrement de ces informations (registre ou ordinateur)
  • leur incorporation dans un titre
Cela permet d’identifier, de comparer, de réunir les biens. Sinon, il est difficile de mettre un bien sur le marché : le vendeur est-il le propriétaire du bien ? A-t-il le droit de le vendre ? Le nouveau propriétaire sera-t-il accepté comme tel par les instances chargées de faire respecter les DDP ? Quels sont les moyens d’exclure les autres prétendants ?
Dans les PED et les ex-pays communistes, il est difficile de répondre à ces questions => la vente ou la location d’une maison peut exiger de longues et coûteuses procédures d’approbation faisant intervenir tous les voisins.
Le régime de propriété est l’usine hydroélectrique du capital. Faute d’un tel régime, les biens des PED et des ex pays communistes sont comme l’eau d’un lac andin : un stock d’énergie potentielle inexploité.


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